2ième session – Maxim Fortin (Le Sourd)

2ième session qui commence. CHECK !

 

La différence majeure pour l’hiver, c’est qu’on peut observer un mignon petit «2» à la suite de tous les cours que je suivais cet automne. Chouette. Double emmerdement à l’horizon.

Mais là n’est pas mon point. En fait, je ne suis pas certain s’il y aura véritablement un thème principal à dégager de mon texte, hormis le fait que je suis un horrible geignard dépravé. Que dire de ce magnifique hiver montréalais ? J’aurais aimé faire un bonhomme de neige, mais bon.

À la place, on fera des chansons, hein Émylie ?

Les chansons, c’est la seule chose que je fais depuis tout le temps, que je fais tout le temps pis que j’ai tout le temps le goût de faire.

Électro Rock Symphonique. Tout à fais moi. Attendez de voir ça.

 

Mais vous autres ? Quoi d’autre ?

Me semble qu’on veut des nouvelles nouvelles. (Non microsoft, ce n’est pas une faute, j’ai fait exprès de répéter le même mot deux fois. Non mais !)

Indignez-vous bande de mourialmatois. J’me sens un peu seul.

 

CHIÂLEZ DONC EN CAPS LOCK COMME MOÉ !!!!!!! 😀

 

Avec des smileys pis toute.

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J’content – Janis Bouchard

27 octobre

j’habite a 500 km de ma ville, de ma famille, de plusieurs amis…

Ce matin ils sont tous au lac, j’suis un peu seule, j’suis dans un café, j’viens de me commander un autre café avec une danoise qui me fait de l’oeil depuis 10 minutes.

J’fais une sur-dose de caféine, j’écoute d’la musique avec les écouteurs pour pas déranger. J’suis ici pour faire mes devoirs… j’suis sur facebook, j’procrastine. (la chanson dans mes oreilles c’est du créature)

Conclusion: mon mode de vie change pas avec la distance.

J’pas bonne pour le changement, ça fait quoi… trois mois que je suis à montréal, non, deux et demi. Ce matin c’est la première fois que je suis chez moi. Ce matin c’est la première fois que je réalise que y’a rien de changé, bon y’a le nom des rues, les ethnies, les moyens de transports et y’a pas le lab…

Mais la j’me suis trouvée des points l’fun:

J’aime ça avoir plus peur de me faire frapper par un vélo que par un char.
J’aime ça regarder les chiens en souriant pis en ayant l’air amoureuse tout en me foutant du maître au bout de la laisse.
J’aime ça quand les monsieur épeurants répondent à mes sourires dans le metro. (donc un…. imaginez Steeve Simard en roux avec un plus grand front)
J’aime ça que le nord c’est pas le vrai nord, mais c’est le nord pareille.
J’aime ça marcher vraiment tranquillement, le monde te dépasse pis t’as l’impression d’être au ralenti.
J’aime ça me créer des histoires avec les noms de rue, genre j’habite dans un château brillant au pied du mont rose à coté d’un champ où la chasse est belle.
J’aime ça rater des événements pour écouter un film, de toute façon, des événements y’a ça à tous les soirs.
J’aime ça tenir la porte dans un endroit public.
J’aime ça découvrir l’art intégré à l’architecture, les immeubles ici sont beaux!
J’aime ça trouver le monde beau avec leurs enfants, ici ils sont plus beaux qu’ailleurs.
J’aime ça sortir de chez moi en pyjama.

Bon, là je pourrais continuer sans arrêt, mais bon, on comprend le principe, j’aime ça ici!
En plus, j’ai rencontré un spartiate dans le metro cette semaine, la vie est belle.

Milie phone home – Emylie Duchesne

Je me suis jamais véritablement sentie chez moi quelque part. À cause d’un paquet de facteurs qui entre en compte(on m’a trimbalé un peu partout dans le Québec quand j’étais trop petite pour protester, j’ai toujours été en appartement, je n’ai jamais vécu ailleurs que chez ma Maman jusqu’à tout récemment, etc, etc, etc), je n’ai jamais réussie à développer ce qu’on appelle une «appartenance». Même quand je revenais de chez mon père étant jeune, vivant à l’extérieur du Lac, en apercevant le bout du nez de la région lorsqu’on sort du parc, je ne ressentais pratiquement rien, sauf peut-être mon estomac qui commençait à réclamer autre chose qu’un milkshake chez Mcdo(j’aimais pas les hamburgers).

Sauf que là, j’ai 19 ans, je suis déménagée il y a quatre mois à Montréal, comme vous le savez déjà trop. Je suis pas venue pendant trois mois au Lac-St-Jean, chose qui n’est jamais arrivée depuis mes six ans. Avec fébrilité, je visualisais cette venue comme une libération, un soulagement d’être enfin à la maison.  J’avais franchement besoin de respirer, je le savais. Sentir l’odeur de la semi-campagne de ma mère, voir des étendus de vert, me promener dans la ville qui porte en elle tant de mes souvenirs.

Je n’ai pas été déçue, rassurez-vous. J’ai été comblée de voir ma famille, j’ai ri avec mes amis qui m’avaient beaucoup plus manqué que je ne l’aurais cru. Toute cette gamme d’émotions diverses à laquelle je m’attendais s’est révélée à moi comme je l’avais imaginé. À un détail près, en fait : chez moi, ce n’est définitivement pas ici.

Je me suis demandée, troublée par ce constat, si je considérais Montréal comme ma maison, à présent. Non, pas exactement. Montréal, c’est un prétexte. Montréal, c’est le chez soi de trop de gens pour que je puisse prétendre faire partie de ce groupe. Non, la maison, pour moi, c’est pas ça.

Alors, qu’est-ce que c’est?

Un sentiment, bien précis en moi, mais assez flou, en réalité. C’est un endroit parfois, d’autres fois, c’est avec une ou des personnes. C’est la sensation de n’avoir rien à cacher, rien à prouver. C’est d’avoir l’impression constante d’être en pyjama(en bobettes, pour ma part) tellement on est bien. C’est les chats, la bouffe, la vaisselle pas faite, le plancher qui craque. C’est mon estomac sans angoisse, c’est ma tête à off. Ma maison, c’est la paix dans le chaos.

Chez moi, c’est comme une toune un peu quétaine mais qu’on aime quand même, pis je commence à m’y faire.

Bon – Anne-Sophie

Bon.

Je suis actuellement à la bibliothèque de la Faculté de musique, pis c’est vraiment dole.

C’est dole. C’est dole. C’est dole.

Me semble que tout est long.

C’est vraiment une journée de cul.

J’t’assez tannée qu’il mouille.

Fais frette à Montréal.

Me semble que j’suis jamais contente.

Raaah.

Dîtes- moi si j’vous emmerde. J’ai assez hâte que la journée finisse…

Dans le parc, les arbres sont presque orange – Anne-Sophie Doré Coulombe

Je suis pas à Montréal pentoute.

 

Ben non !

 

Mon premier article sur Mouriale ne pouvait bien évidemment pas être écrit dans la ville nommée ci-haut.

 

Ben non !

 

Anne-Sophie vous écrit ce soir directement de Métabetchouan au Lac-St-Jean, les deux fesses bien installées sur cette chaise d’ordinateur oh ! combien usée par ses frères. Elle n’est pas à Montréal.

 

Faut croire que c’te ville-là ne m’inspire pas. Arrivée ici là, chez moi, mon Doux, on dirait que j’ai plein de choses à raconter!

 

La façon dont mes cousines étaient habillées pour l’exposition.

Comment grand-papa était arrangé dans son cercueil.

L’abus de maquillage de matante Pauline qui parle beaucoup trop fort d’elle-même dans une maison funéraire.

Les photos choisies pour résumer la vie du père de mère (sur l’une d’entre elles je suis là, j’ai 8 mois et je porte le bonnet.)

C’était, déjà, la première fois que je revenais « en région » afin d’assister à une messe funéraire, une fête d’anniversaire, Noël, un mariage ou tout autre évènement impliquant la famille et l’obligation. Pas que rendre un ultime hommage à mon grand-père soit une corvée, non. Mais, j’arrivais de Montréal pour ça. Uniquement. Et, je repars dans deux jours tout au plus.

 

Parce que ma vie est ailleurs.

 

Fuck off…

 

Me semble que j’suis ici chez moi mille fois plus qu’ailleurs…

 

Anne-Sophie, 13 septembre 2011.

Récit d’une journée pluvieuse ou Le Parapluie – Émylie Duchesne

Vivre le retour à la vie étudiante à Montréal. Le retour à l’automne, à la pluie. Le retour aux journées pluvieuses, au je-t’offre-pas-de-partager-mon-parapluie-achète-toi-s’en-un-moi-j’en-ai-un-je-suis-à-l’université-privée-et-je-suis-responsable-sois-le-toi-aussi-han. Quand tu viens du Lac, où quand tu marches, une fois sur trois y’a quelqu’un que tu connais qui t’embarques pour te ramener chez vous, pluie pas pluie, la transition se fait plutôt brutale.

Néanmoins, ma deuxième semaine d’université s’est plutôt bien déroulée. Mes cours sont intéressants, même passionnants, je me débrouille bien pour tout, je suis rendue là dans ma vie, tout va bien. Puis arrive ce jeudi matin. Je le constate de plus en plus, je ne suis pas matinale. Mon cerveau commence à fonctionner normalement à partir de 12h-13h, en général. Je vous dresse le tableau : Il fait sombre dehors, il pleut, j’ai des cernes jusqu’à l’infini et plus loin encore(je t’aime buzz), mon moral n’est pas à son meilleur. Dans cette optique bougon, je me prépare tout de même pour aller à l’université. En descendant les marches, j’entends ma belle-mère me crier(Je reste à côté de chez mon père, pour ceux qui ne savent pas):

«Emilie, veux-tu un parapluie?»

Petite seconde de réflexion. Je pense à l’autre fois, quand il mouillait à sciau et que les cinq minutes entre le métro et mon pavillon universitaire n’ont pas laissé un souvenir agréable à mes cheveux. Je me dis que c’est une bonne idée, un parapluie, que ça commence une journée du bon pied, d’être au sec.

«Ben oui!»

Et je cours chez papa, belle-maman, sans retenir un «FRANCHEMENT» en me voyant si peu habillée en cette journée frette et mouillée, me donne le parapluie et je pars en vitesse vers l’arrêt d’autobus. Cette belle-mère, si je l’avais pas, y’a bien des fois où j’aurais l’air folle(et les fesses mouillées).

Or, en courant vers l’arrêt, mes livres dans les mains, épars, je comprends que je ne pourrai pas continuer comme ça. Je prends un pause près d’un édifice, je dépose mes choses dans les escaliers de ce même bâtiment, pour mieux les entasser dans ma bourse, car je n’ai pas encore réparé mon sac d’école. Brouillon, moi? Non, non…

Je me rends au coin St-Joseph-Papineau, le bus arrive, bon, tout le reste qui vient avec. Arrivée à la sation de métro, je fouille dans ma bourse trop, trop, trop pleine. «Hein, yé où mon cellulaire? Je l’ai pris à matin pourtant!» Pense-je, de mon langage littéraire. Fuck ça, le métro arrive, vite, je me précipite, je vérifierai plus tard. Le métro quitte Fabre, le métro arrive à Jean-Talon, trop de monde à Jean-Talon, le métro est plein, pognée entre un monsieur chinois et un jeune homme qui collent ses fesses contre moi comme si j’étais un mur et à qui j’ai envie de crier bien fort : «Je suis une personne!»

Ellipse.

Je suis à l’université, dans ma classe où je peux enfin vider ma bourse, me rendre compte que mon cellulaire est là, rire parce que je crois toujours l’avoir perdu, c’est niaiseux là, faudrait que j’arrête de paranoïer tsé…

Pas là. Grosse torche de cellulaire qui a disparu. Souvenir de moi s’arrêtant devant une bâtisse, déposant un tas de trucs, des livres, un parapluie, mon cellulaire. MON CELLULAIRE. Le pire, c’est que j’ai failli l’oublier à la maison, ce matin, mais je me suis souvenue que j’en avais besoin pour téléphoner à JM(beau) pour le rejoindre sur l’heure du diner.

Bon, pas de panique, je descends en bas chercher un téléphone public d’où je pourrai dire à JM(gentil) d’aller voir si mon cellulaire est encore sur les marches du bâtiment, pas de panique, non pas de panique.

Pas de téléphone public non plus. Repogne les marches, emprunte le téléphone d’une collègue de classe, tente d’appeler JM(mignon), cellulaire fermé. Fuck, fuck, fuck. Bon, remonte en haut, assiste à mon cours, en me convainquant que ce n’est pas la fin du monde, me croyant, café à la pause, cours intéressant, ça va bien quand même.

11h30, descends les marches du pavillon Jean-Brillant pour me rendre au métro, encore une fois. Oublié le parapluie en haut. J’avoue que là, j’ai laissé échappé un «câliss», au yâbe ceux qui m’entendront. Remonte les marches, essoufflée(je sais, je suis en forme), redescends, part au métro, ainsi de suite.

Dans le métro, je me suis assise(chose surprenante pour l’heure du midi), j’ai respiré, les yeux clos. Je crois que je n’ai songé à rien, rien de tout ça, pendant une bonne minute. Puis j’ai ouvert mes paupières, c’est reparti. J’étais fatiguée, tellement fatiguée. J’aurais eu besoin qu’on s’occupe de moi, qu’on me prenne en charge, ne serait-ce que cinq minuscules minutes. Qu’on soit gentil avec moi, à tout le moins. Mon royaume pour un sourire…

Bon, ok, c’est pas la fin du monde. Sors, attends le bus, première dans la file, vive les parapluies.  En sortant, j’ai eu un mince espoir de retrouver ce foutu appareil-là, dans les escaliers du bâtiment, mais non, ce n’était pas le cas. Je me suis appelée, pas de réponse d’un bon samaritain, juste ma maudite voix fatigante sur le répondeur. Tant pis. À plus tard la chance, j’suis partie prendre un break.

Une avant-midi de shnoutte, ça arrive. C’est pas grave, c’est la faute de personne, même pas du parapluie. Y’a des tonnes de journées qui vous font oublier celles où ça s’est moins bien passé. Toutes ces petites aventures-là, elles font partie de ce magnifique processus qu’est l’adaptation. Celle-ci se montre ardue, mais au moins, elle suit son cours. Je me sens un peu mieux, quand je pense à ça. Je ne sais pas si je possède la capacité de bien prendre beaucoup d’autres journées comme ça. Sinon, la dépression nerveuse m’apparait comme un joli paradis perdu.

Blague à part, je vous aime.

Emylie, survivante.

Sortez Jeunes-Genses ! – Tante Sophie

Je me suis dit que le choc d’arrivée devait bientôt finir, pis que c’est pas juste des gens froids pis laites à Mouriale, donc voilà mes petites adresses de Vieille Matante pour voir du beau, entendre du fun pis manger du bon : avec un maximum de points d’exclamations !

Voir du beau :

Partout  y’a du beau à Mouriale des fois y’é laite mais y’é là pareille!
Donc un truc pour voir du beau-laite : prenez l’autobus plus que le métro!
http://www.stm.info/bus

Musée d’art contemporain (MACM) avec des visites gratuites les mercredis soirs de 17h à 21h ! En plus, il y a toujours des prix étudiants !
185, rue Sainte-Catherine Ouest (angle Jeanne-Mance)
http://www.macm.org

Entendre du fun :

Les Vendredis Nocturnes :
Lu sur le site web du MACM (justement) qu’il y a des soirées ambiances de 17h à 21h: le moment idéal pour essayer ton nouveau look ou jouer à te déguiser en société, avec de la musique lounge pour 20$ genre !  ha ha froideur garantie !
http://www.macm.org

Le Bar Fly :
Su’a Main ou St-Laurent (dire avec un accent anglais) entre Rachel et Duluth
Un endroit où l’anglais pis le français cohabitent avec de la musique du’yab. Tricks parlez en français on vous répondra en anglais ….  De beaux moments à venir dans ce petit bar miteux au possible ! Les mercredis soir, les dimanches soirs vers 21h ou plus : bluegrass, jazz, musique de la place !
http://www.montrealplus.ca/montreal/venues/bar-fly-fr

Manger du bon :

Restaurant africain, ethiopien l’Abiata :
Ambiance décontracte, bouffe délicieuse de fête -J’ai déjà fêté mon anif’ là-bas!-
Le menu dégustation est un must et en amoureux c’est la totale ! Si vous êtes games : bœuf kitffo-cru = 5 étoiles !
3435, rue St-Denis coin Sherbrooke E.      514- 281-0111

Restaurant Brésilien  Senzala :
Dans le Mile-End (ouah, on sort nos jupes pis nos vélos picotés), endroit magnifique de déjeuner : terrasse fumeur, café à volonté, œufs bénédictines servis dans des mangues- oui des mangues !-
Bref du fun pis du bon entre amis !
177, ave. Bernard O    514-274-1464

Voila pour ce petit partage, la prochaine fois je vais y aller de pures folies quétaines !!!!
Je vous embrasse, pis je vous mets un peu la tête dans ma poitrine !

Tati Sophie  xx

Le Métro – Janis Bouchard

C’est malade quand on y pense. Le nombre de personnes qui utilise ça dans une journée.

Mercredi 7 septembre, 8h A.M

Rosemont: Quand tu descends les escaliers et que tu comptes une centaine de personnes, ça annonce mal le trajet. Le métro arrive, les portes ouvrent. Trois personnes on été capable de rentrer, dont moi, merci à mon corps d’être petit. Les portes ferment. J’ai la joue accoté dans porte, y fait chaud, le monsieur en arrière de moi est collé sur moi(pas l’fun, mais pas déplacé, y’a vraiment pas de place). Une chance que le métro fait du bruit parce qu’au nombre de personnes qu’on est, le silence est insupportable.

Laurier: Les portes ouvrent, devant moi une dizaine de personnes attendent sur le quai. Si je tombe ou je mets un pied à l’extérieur, c’est sûr que l’un d’eux prend ma place en me poussant. Ils me regarde comme si j’étais un petit oiseau qui perd l’équilibre sur sa branche et eux ils sont les gros matous en bas, gueules ouvertes. Personne débarque, personne embarque.

Mont-Royal: Trois personnes débarquent, six embarquent. L’espace manque, mais tout le monde est tellement dans sa bulle. Cinq lisent, dix écoutent de la musique, trois lisent et écoutent de la musique, deux me regardent étrangement parce que je les regarde en souriant.

Sherbrooke: Rien bouge. Jamais rien bouge à Sherbrooke, mais le chinois veston cravate en face de moi a le zip ouvert.

Berri-UQAM: Le tiers descend mais le double embarque. Le monde pue. Ils ont tous la face au neutre. On dirait que le monde dans le métro sont juste une enveloppe, leur esprit les attend à la sortie.

Champ-de-mars: La grosse rousse est drôle, a fait des gaz, PERSONNE dit rien, PERSONNE réagît, même pas une face de «ça pue!». Ça pue.

Place-d’Armes: Y m’en reste juste une! C’est long! JE SUIS TANNÉE. Trente minutes de métro, y fait chaud. Je dois trouver un trajet de bus.

Square-Victoria: Débarque. Tellement de monde, un vrai troupeau d’moutons. Marche, marche, marche, marche, marche, écoute le monsieur qui joue du saxophone, plaisant, marche, marche, les escaliers, monte, monte, la porte, de l’air, enfin, … plus de monde, leur esprit les attend peut-être pas à la sortie.

Ja.

NORD PIANO 88 – Max Le Sourd

Comme je suis impulsif, je l’ai fait. J’ai acheté ça en me disant que ça pouvait juste bien aller après, pis c’est le cas.
Bon  OK.
J’ai pu une cenne. Mais j’ai un nouvel ami. L’amitié vaut plus que l’argent, non?
Vous allez me dire que j’aurais pu manger toute l’année avec cet argent là. Je vous répondrai que j’aime mieux crever de faim plutôt que de me priver de la joie immense qu’il m’apporte. Ben oui! C’est tu pas assez «artiste» à votre goût, ça?
Bref, j’avais vraiment envi de vous en glisser mot. Passez donc chez nous, que j’vous joue quelque chose…
Max Le Sourd

Redevenir Montréalaise – Émilie Fortin

Ça y est, c’est le départ de Tadou, Après pleins de party de départs, quelques jours de congé et une ptite virée chez mes parents, le char est full, le parc des Laurentides m’aveugle de son soleil chaud. Arrivée à Montréal, température ressenti : 37°C. L’humidité dans le tapis. Ça fait longtemps que je n’ai pas vécu ça. À Tadoussac il fait jamais ben ben plus que 25 avec un p’tit vent du fleuve qui rafraichi la peau juste assez. Il me reste 4 jours avant la rentrée des classes et j’ai plusieurs missions devant moi : il faut que je revienne sur terre, je retape mon appart qui a besoin d’un gros ménage, je dois affronter le IKEA parce que j’ai pu rien, j’dois remplir un peu ma chambre et rendre le tout fonctionnel. Les sœurs Fortin déménagent, AYAYAYE.

Je vide des boîtes, je frotte, je peinture et je su. Je mange, je su, j’ai soif. Ça fait longtemps que je n’ai pas eu chaud. J’appréhende le moment d’aller me promener dans les rues et dans le métro et de revenir sur terre assez vite en voyant la populace Montréalaise qui ne semble pas être au même beat que moi.

Ptites commissions s’impose au Rona. À 2 coins de rue. Fuck c’est la vente trottoir sur Mont-royal, y’a ben trop de monde. Je marche, je me faufile entre les gens, le soleil plombe à fond, j’capote un peu, j’entends trop de monde parler anglais, je me faufile, encore. J’trouve le Rona, j’suis trop contente d’entrer là parce que personne magasine au Rona pendant la vente trottoir, y’a un gars smatt qui me répond alors j’me rappelle que y’a du monde vraiment smatt à Montréal, malgré tout. Je ressors dehors, l’humidité me rentre dans le corps, je regarde la foule dans la rue pis j’me dis, Welcom à Montréal, bienvenue chez nous, c’est repartie pis j’aime ça.