Bon matin – Janis Bouchard

7:28 am

C’est vide à l’apparte, les gars dorment, Dave est toujours pas revenu de chez Martin et Em. J’sirote mon café avec cap’taine. Maman est pas là pour m’acheter du manger. Mon lunch du midi sera donc des noix, du fromage et une pomme que j’ai volé aux garçons. Les chats courent dans l’couloir, Orphé tape cap’taine dans face, cap’taine tombe.

7:33 am

J’ai commencé l’école depuis une semaine ( ben oui j’t’encore au cégep moi! ). Aujourd’hui j’apprend a couper du verre, plaisant, avant je savais pas qu’on pouvait couper du verre avec un couteau ( spécial, pas un couteau à beurre ).

7:36 am

Un appartement silencieux c’est pire qu’une maison. Une maison c’est tellement grand, c’est normal que le silence règne dans une pièce ou un étage, mais un apparte, surtout à cinq ( on n’est pas encore tous arrivé mais bon ).

7:40 am

… à cause les autres veulent pas se lever.
La solitude à Montréal m’angoisse, peut-être que mon discours va changer quand ça va faire trois mois que je cohabite avec les amis, mais là j’aime pas. Dans ma tête y a une ‘tite fille de quatre ans qui se sent petite.

7:44

Cap’taine essaye l’escalade après un rideau. Orphé la juge.

7:46

J’me lève trop tôt, tout le temps. J’ai le sommeil tout croche et un bébé chat.

7:48

Mon café est trop fort, la patate me pompe. À 7:50 je quitte pour me préparer.

7:50

L’angoisse du matin montréalais passe mieux quand tu l’écris. Tu dis pas grand chose, mais ça fait du bien.

Merci

Ja

Publicités

Pendant Irène – Max Le Sourd

Ça fait un peu plus de 5hrs que je suis levé. Mon chum travaille pis moé je dépéris. Pas vraiment là, mais mettons qu’avoir «rien à faire», ça m’a toujours un peu tombé sur les nerfs. Ça fait que… j’écris pour notre blogue. J’trouve ça le fun, cette idée ! J’ai vraiment rien à dire en fait. Mais j’me dis que, comme c’est une page internet conçue avec comme but premier de combler un manque d’attention sociale… j’ai le goût de me faire écouter.

Hier soir, la belette de mon âme sœur féminine (oui oui, j’en ai une même si on couchera jamais ensemble) est arrivée à l’appartement. Pas dans une cage par Purolator, ni avec un postier ayant l’amabilité de livrer à domicile des animaux de compagnie, mais plutôt  par Jean-Pain Express, livré sur ses deux jambes et son sac à dos, parce que ce n’est pas vraiment un rongeur désagréable, mais plutôt un ami exceptionnel. C’est aussi mon nouveau coloc, mais ça, j’vous jure que ça changera pas grand chose à nos relations interpersonnelles. Ce que j’essaie de dire, c’est que la vie à Montréal commence à vraiment prendre forme. Les gens arrivent ou reviennent en ville, la session commence bientôt, pis tout le monde est content. Pis bon, pour célébrer l’arrivée de notre ami/animal, on a bu. Ben oui ! C’est difficile de perdre ses habitudes, surtout quand on sait très bien qu’elles sont bonnes. Ça fait que JM a fait des p’tits «Kiiiiiiiirs», vino rouge, blanc, bleu, rhum & coke, & jus de canneberges ; Émylie nous a ramené de la crème glacée qui goûtait le magasin de sorcières (ou de Laurie Perron, c’est au choix) ; on a bouffé, on a ri. C’était, une fois de plus, une soirée parfaite, comme toutes celles qu’on a fait pis qu’on va faire. On est bien à Montréal, ensembles.

Sur ce, mon ordi n’a plus de piles, pis mon fil est dans ma chambre, ce qui veut dire très loin du salon. Pis en plus, pour y accéder, je dois inévitablement passer par la cuisine où Janis Joplin se fait à manger en ce moment. Ça sent trop bon pour que je ne me laisse pas tenter. À plus, les chums.

Max Le Sourd

5 ans…? – Jean-Martin Gagnon

O.k… là, ça va vraiment très mal ! C’est rare que je vais utiliser les sondages pour parler de politique mais là… Criss : Les Libéraux montent dans les sondages et Legault domine littéralement. C’est quoi ça ? Faites moi pas à croire que y’a du monde qui croit à ça, ces niaiseries-là ?

Et puis je lis la une de cyberpresse ce matin (hier) : « Legault promet un mandat unique de 5 ans » … 5 ANS !? Comme si c’était vraiment du changement ? Si je comprend bien, quand je regarde attentivement les « nouvelles » idées que François propose, je remarque qu’au fond, ça fait déjà 8 ans qu’il est au pouvoir ? Alors là on serait rendu à 13 ans ?

Ça y est, c’est fait… je peux déjà entendre cette phrase dans ma tête « Si la tendance se maintient, le prochain gouvernement sera constitué d’un gouvernement majoritaire et Legaultiste » (Ah non c’est vrai y’est à sa retraite lui). Legault a trouvé l’argument (Ou plutôt l’absurdité) à lancer aux québécois pour tous les convaincre.  Un mandat unique de 5 ans, après il va fuguer. Il va sacrer son camp avec toute cette merde qu’il a fait. Il va nous laisser avec peut-être une meilleure gestion de l’économie (Selon lui) mais il va aussi nous laisser avec plus de pauvreté, plus de richesse dans les grandes entreprises. Il nous fera don d’une société où les étudiants font leur juste part mais aussi où l’éducation n’est qu’accessible pour les flos de PDG. Ceux qui « stimulent » notre économie, ceux qui ne veulent pas payer pour l’éducation des autres étudiants mais seulement pour son enfant, pour sa fille, pour lui, pour son bonheur a lui, pour le bien être de sa famille et non pas de notre société. C’est justement ces derniers qui voteront Legault parce qu’ils croient que de laisser un peuple après avoir brasser la même marde que les libéraux c’est un geste honnête : « Enfin un parti qui ne font pas seulement de la politique pour le pouvoir » … NON MAIS QU’EST-CE QUE TU PENSES QU’IL ESSAIT DE FAIRE EN CE MOMENT ?

Et puis juste avant de partir, il va vendre notre Québec, le privatiser ! Nous priver de nos biens, les cacher dans un coin, dans une propriété privée. Imaginez des services qui ne sont pas offerts à tous mais seulement à une sélection de gens, un club privé. Parce que le privé ne dépend pas de la société ou de l’état, il dépend de l’argent.

Au bout du compte, pour François, c’est beaucoup plus facile de faire plaisir à la population dans une vie publique que privée. Et nous, notre vie ? Elle est privée ? Aimons-nous mieux avoir une vie privée ou d’être privé de vivre ?

Pardonnez ma montée d’lait,

Jean-Martin Gagnon

Je suis prêt – Dave Bilodeau

Il est présentement 1h20.

Dans la quiétude de ce sous-sol. J’arrive de griller une clope dehors. Devant et derrière ces champs. Au dessus y’a les étoiles. Au dessous y’a le concassé. Nu-bas, je pense à ce qui va se passer. Dans moins de 48 heures, j’vais dormir dans ma chambre là-bas, à quelques 500 kilomètres.

Je suis prêt.

Je rentre, m’assois devant cet écran luminescent devant lequel j’ai passé probablement le trois quart de mon adolescence. Dans cette maison où j’ai passé la totalité de ma courte vie. C’est nostalgique? Évidemment. C’est triste? À quelque part oui mais en même temps, c’est un des moments les plus fucked up de ma vie.

Pour la dernière fois, j’écris sur ce clavier-là, en dessous de ce plafond suspendu-là.

Pour faire changement, j’écoute du Radiohead. Tant qu’à changer d’vie, aussi bien garder mes bonnes vieilles habitudes musicales. C’est la dernière fois que je me retrouve seul, ici. La dernière fois que je suis dans ce confort-là. Dans l’abondance et la chaleur gratuite.

J’ai changé de toune. Je suis parti de M. Leclerc. Pas mal plus de circonstance selon moi et puis tant qu’à y aller dans le symbolique quétaine, aussi bien y aller à fond.

J’suis prêt! Je vous le dit! Mes bagages sont fait, mon départ est planifié, mes remerciements sont dits. Je suis prêt.

Nous sommes prêts, qu’il disait, hein?

J’vais vivre un paquet de truc, je vais me redécouvrir, je l’espère. J’y vais avec des gens que je connais bien. J’y vais pas seul. J’en serais pas capable de toute façon.

La diversité culturelle, les shows toutes les semaines, les activités culturelles gratuites, accessibles, à portée de main, à portée de vélo, de pieds ou de métro. C’est excitant. Ça me donne des frissons rien que d’y penser.

Non, je vous le dis, je suis prêt. Je le sais. C’est le temps. J’ai besoin de bouger. J’ai toujours été nomade. Merci à mon valeureux sac à dos, d’ailleurs. À mes valeureux sacs à dos devrais-je dire. C’est un grand départ.

Un petit pas pour l’adulte et un immense pas pour le flo en dedans.

Y’a tout de même des trucs qu’on doit laisser derrière. Le meilleur ami avec qui on a passé des sacrés bons et mauvais moments, l’établissement sympathique. Loin d’être audacieux ou créatif mais… sympathique tout de même. La famille biologique et celle spirituelle. Les modèles, ceux qui nous ont fait grandir, évoluer. Ceux qui nous ont ouvert les yeux sur des trucs pas communs. Du moins, à l’époque.

Je suis prêt. C’est pas ce que vous pensez. C’est une grosse clôture à sauter et puis j’vais la sauter avec joie et courage. C’est pas ce que vous pensez. C’est le monde des adultes qui arrive assez rapidement, hein? Non…?

Responsabilités.

Paiements.

Factures.

Autodiscipline.

J’suis vraiment le seul qui appréhende ces trucs-là?

J’ai hâte. J’ai jamais été autant excité qu’aujourd’hui, qu’hier et que demain. Je suis prêt. Je suis préparé. Les opportunités artistiques, les rencontres culturelles, tout ça là! La vie à plusieurs. La vie avec elle, surtout.

Je suis prêt.

Mais…

J’ai la chienne en tabarnac.

Dave.

Paix et amitiés…

Av. Papineau Blues – Emylie Duchesne

Je sais jamais comment commencer ce genre de texte.

Voilà, c’est la façon que je prends aujourd’hui.

Il serait atrocement cliché de vous dire à quel point ma vie a changé depuis que je vis ici, que c’est si merveilleux la ville, que je m’y plais tellement plus qu’à Alma, mais que la maison me manque tout de même parfois. Alors, même s’il s’agit de la vérité, je vous épargnerai ces futilités. Merci Emylie.

O.K, fuck. Je sais pas c’est où, moi, l’ouest pis l’est, pis le nord et le sud, on en parle même pas. Il faut déjà que je me concentre pour me rappeler ma gauche et ma droite, demandez-moi pas d’en ajouter deux autres, bâtard. Sauf qu’ICI, il faut connaître ce genre de trucs utiles. ICI, l’orientation, je dirais pas que c’est essentiel… bon, je le dis. Pis je dis aussi que, sans Jean-Martin, y’a ben des fois où je me serais ramassée je ne sais où, avec ma tête folle pis mon incapacité à exécuter une tâche logique. Merci, en passant.

En parlant de voyagage, je peux dire que le métro, c’est pratique. C’est même surréaliste, quand on y pense, de se déplacer aussi vite en si peu de temps dans cette si grande ville. Je sais, la madame qui te vend ton billet agit comme une machine (une machine qui a l’air bête, en plus), ton voisin de banc sent souvent l’pas propre, le swing, ou toute autre odeur corporelle indésirable, y’a trop de monde, c’est chiant changer de ligne… mais je me sens privilégiée de pouvoir vivre dans un endroit où le transport collectif, c’est pas ta mère qui va te porter à l’école en allant à sa job.

Ah, justement, anecdote cocasse que j’ai vécu dans le métro. Je sors à la station Laurier, 11h15 du soir, je dirais même 23h15, fini de travailler, fatiguée. Dans la vie, je suis confortable dans des leggings. Alors, complètement à boute de ma journée, je me rappelle que mes leggings (gros coeur) sont dans ma bourse. Je me dis, hey, je vais les mettre. Je me mets à l’abri (comme on peut l’être dans un métro), pis je sors le bout de tissu de mon sac. Je vérifie si personne peut me voir, pis je les enfile sous ma jupe. Je me relève, fière de mon coup, confortable, prête à marcher les 13 minutes qui me séparent de la maison. Sauf que, bon, j’avais pas pensé que y’avait des gens qui attendaient leur métro, de l’autre côté. En tout cas, les faces scandalisées des deux gars qui s’en allaient direction Côte-Vertu m’ont bien fait rire. Je suis sortie, moins gênée que je l’aurais cru. Je commence à développer cette carapace que tout le monde ici semble posséder, j’imagine.

Je dois aussi ajouter que, quoi qu’on en dise, j’ai eu plein de beaux contacts avec de belles personnes. Du genre, dans la rue, au magasin, les gens se parlent. Il ne sont pas sauvages, ils ne sont pas de pierre, je vous le jure. Ils sont simplement habitués d’être ignorés, à mon avis. Souriez-leur, parlez-leur, riez avec eux. Vous verrez, ces inconnus pourront certainement éclairer un jour un peu trop gris, ou simplement vous confirmer que la masse est loin d’être uniforme.

Je me suis fait suivre dans la rue, j’ai eu la chienne. Je travaille trop à mon goût (c’est toujours trop, dans mon cas), je suis stressée pour l’université, je m’ennuie de ma mère. Mais j’aime ça, tout ça. Vraiment.

À Bientôt. Merci de lire ça, c’est gentil.

Emylie. 

Parce que… Pourquoi pas ? – Jean-Martin Gagnon

Quand t’es un étudiant dans une grosse ville comme Alma. Quand tu te sens important et que tu te crois capable de changer bien des choses! Quand tu sens que ton petit D.E.C deviendra grand et puissant! Quand tu arrives à Montréal… ouais… C’est au moment où tu arrives fébrilement dans ta nouvelle ville que tu comprends que t’es vraiment pas grand chose. Pour ma part, je m’y plais, je m’y fonds, ça me fait plaisir. Ça m’enchante de me dire que le serveur au restaurant ne peut pas me connaître. « Y me dit quelque chose lui », c’est une question qui ici, contrairement à en région, est agréable à se poser. À Montréal, ça aiguise ma connaissance culturelle, tandis qu’à Alma … à Alma…  Ben c’est juste épuisant de te casser la tête pendant 20 minutes à te demander où t’as déjà vu cette personne, quand tu sais très bien que c’est dans un party de famille. (Deux mois dans gran’ville pis je commence déjà à utiliser des stéréotypes de région.)

Toute cette introduction pour me justifier, pour nous justifier, pour disculper notre manque d’attention et notre envie de créer ce blog. En fait, je parle au nom de tous les gens qui écriront quelque chose ici puisque, sans trop le vouloir, ils le feront parce qu’ils manqueront d’attention (Pis aussi parce que c’est bien plus gratifiant que d’écrire un statut Facebook sur ce que tu vas faire aujourd’hui.)

Bien que ça ait l’air de ça, notre but n’est pas de créer une clique montréalaise… Tu pourras donc, par la voix des commentaires, nous répondre, renchérir ou simplement nous insulter sur ce qu’on écrit! Et si jamais tu trouves que le commentaire n’est pas une bonne tribune pour t’exprimer, tu pourras le faire par le billet d’article (l’information est divulguée dans le menu à gauche).

Simplement pour leur mettre un peu de pression, voici les collaborateurs qui ont confirmé leur participation :

– Jean-Martin Gagnon

– Dave Bilodeau

– Anne-Sophie Doré Coulombe

– Maxim Fortin

– Emylie Duchesne

– Vincent Dion

– Léa Turbide

– Émilie Fortin

Quelques autres à confirmer!

Finalement (On voit ici que je n’ai pas perdu ma touche collégial), j’espère que tu nous suivras… enfin, si tu es un adepte de Facebook, notre lien à gauche saura te satisfaire, puisque les plus récentes nouvelles de notre vie et de notre blog y seront affichées. Pour les autres, essayez de passer de temps à autre!

Si tu m’as lu jusqu’ici, je t’aime

Jean-Martin Gagnon