J’content – Janis Bouchard

27 octobre

j’habite a 500 km de ma ville, de ma famille, de plusieurs amis…

Ce matin ils sont tous au lac, j’suis un peu seule, j’suis dans un café, j’viens de me commander un autre café avec une danoise qui me fait de l’oeil depuis 10 minutes.

J’fais une sur-dose de caféine, j’écoute d’la musique avec les écouteurs pour pas déranger. J’suis ici pour faire mes devoirs… j’suis sur facebook, j’procrastine. (la chanson dans mes oreilles c’est du créature)

Conclusion: mon mode de vie change pas avec la distance.

J’pas bonne pour le changement, ça fait quoi… trois mois que je suis à montréal, non, deux et demi. Ce matin c’est la première fois que je suis chez moi. Ce matin c’est la première fois que je réalise que y’a rien de changé, bon y’a le nom des rues, les ethnies, les moyens de transports et y’a pas le lab…

Mais la j’me suis trouvée des points l’fun:

J’aime ça avoir plus peur de me faire frapper par un vélo que par un char.
J’aime ça regarder les chiens en souriant pis en ayant l’air amoureuse tout en me foutant du maître au bout de la laisse.
J’aime ça quand les monsieur épeurants répondent à mes sourires dans le metro. (donc un…. imaginez Steeve Simard en roux avec un plus grand front)
J’aime ça que le nord c’est pas le vrai nord, mais c’est le nord pareille.
J’aime ça marcher vraiment tranquillement, le monde te dépasse pis t’as l’impression d’être au ralenti.
J’aime ça me créer des histoires avec les noms de rue, genre j’habite dans un château brillant au pied du mont rose à coté d’un champ où la chasse est belle.
J’aime ça rater des événements pour écouter un film, de toute façon, des événements y’a ça à tous les soirs.
J’aime ça tenir la porte dans un endroit public.
J’aime ça découvrir l’art intégré à l’architecture, les immeubles ici sont beaux!
J’aime ça trouver le monde beau avec leurs enfants, ici ils sont plus beaux qu’ailleurs.
J’aime ça sortir de chez moi en pyjama.

Bon, là je pourrais continuer sans arrêt, mais bon, on comprend le principe, j’aime ça ici!
En plus, j’ai rencontré un spartiate dans le metro cette semaine, la vie est belle.

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Milie phone home – Emylie Duchesne

Je me suis jamais véritablement sentie chez moi quelque part. À cause d’un paquet de facteurs qui entre en compte(on m’a trimbalé un peu partout dans le Québec quand j’étais trop petite pour protester, j’ai toujours été en appartement, je n’ai jamais vécu ailleurs que chez ma Maman jusqu’à tout récemment, etc, etc, etc), je n’ai jamais réussie à développer ce qu’on appelle une «appartenance». Même quand je revenais de chez mon père étant jeune, vivant à l’extérieur du Lac, en apercevant le bout du nez de la région lorsqu’on sort du parc, je ne ressentais pratiquement rien, sauf peut-être mon estomac qui commençait à réclamer autre chose qu’un milkshake chez Mcdo(j’aimais pas les hamburgers).

Sauf que là, j’ai 19 ans, je suis déménagée il y a quatre mois à Montréal, comme vous le savez déjà trop. Je suis pas venue pendant trois mois au Lac-St-Jean, chose qui n’est jamais arrivée depuis mes six ans. Avec fébrilité, je visualisais cette venue comme une libération, un soulagement d’être enfin à la maison.  J’avais franchement besoin de respirer, je le savais. Sentir l’odeur de la semi-campagne de ma mère, voir des étendus de vert, me promener dans la ville qui porte en elle tant de mes souvenirs.

Je n’ai pas été déçue, rassurez-vous. J’ai été comblée de voir ma famille, j’ai ri avec mes amis qui m’avaient beaucoup plus manqué que je ne l’aurais cru. Toute cette gamme d’émotions diverses à laquelle je m’attendais s’est révélée à moi comme je l’avais imaginé. À un détail près, en fait : chez moi, ce n’est définitivement pas ici.

Je me suis demandée, troublée par ce constat, si je considérais Montréal comme ma maison, à présent. Non, pas exactement. Montréal, c’est un prétexte. Montréal, c’est le chez soi de trop de gens pour que je puisse prétendre faire partie de ce groupe. Non, la maison, pour moi, c’est pas ça.

Alors, qu’est-ce que c’est?

Un sentiment, bien précis en moi, mais assez flou, en réalité. C’est un endroit parfois, d’autres fois, c’est avec une ou des personnes. C’est la sensation de n’avoir rien à cacher, rien à prouver. C’est d’avoir l’impression constante d’être en pyjama(en bobettes, pour ma part) tellement on est bien. C’est les chats, la bouffe, la vaisselle pas faite, le plancher qui craque. C’est mon estomac sans angoisse, c’est ma tête à off. Ma maison, c’est la paix dans le chaos.

Chez moi, c’est comme une toune un peu quétaine mais qu’on aime quand même, pis je commence à m’y faire.

Bon – Anne-Sophie

Bon.

Je suis actuellement à la bibliothèque de la Faculté de musique, pis c’est vraiment dole.

C’est dole. C’est dole. C’est dole.

Me semble que tout est long.

C’est vraiment une journée de cul.

J’t’assez tannée qu’il mouille.

Fais frette à Montréal.

Me semble que j’suis jamais contente.

Raaah.

Dîtes- moi si j’vous emmerde. J’ai assez hâte que la journée finisse…